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RP #3 ∞ Out of my way

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MessageSujet: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:31




Out of my way


J'étais presque déçue de devoir quitter l'hôpital Blackwood. Mais en même temps, j'étais soulagée d'en sortir. Je n'avais pas cessé de m'interroger depuis ma rencontre avec cet étrange infirmier, qui semblait en savoir plus qu'il ne voulait bien en dire. Et je détestais royalement ne pas pouvoir percer à jour les gens. Mais malgré cette légère contrariété, j'avais profiter au maximum de mon petit séjour à l'hôpital; il était rare que je puisse me laisser ainsi aller à l'oisiveté et j'y avais quelque peu pris goût. Même si l'envie de trucider les vampires reprenait rapidement le pas sur mes pensées de glandage intégral. Éradiquer les vampires passait avant tout. Même si un nouvel objectif s'était attaché à cette croisade : remettre la main sur ce borgne. Pour le questionner et lui faire la peau. Ce n'est pas parce qu'il m'avait aidée et plus ou moins sauvée d'une mort aussi douloureuse que certaine qu'il allait bénéficier d'un traitement de faveur. A mes yeux, il était simplement en sursis. Et ce sursis prendrait fin une fois que je me retrouverais face à lui. L'idée d'en avoir raté un m'était insupportable.

En sortant de mon lit d'hôpital, je m'étirais langoureusement, histoire de réchauffer mes muscles oisifs. Moi poignet me tiraillait encore un peu, là où étaient plantées les perfusions. Je détestais ces machins, au moins autant que les vampires. En plus, si on y réfléchissait un peu, ils étaient semblables : un machin pointu et désagréable planté dans la vaine. A la différence près que la perfusion injectait alors le vampire aspirait. Et dans les deux cas, c'était franchement désagréable de savoir ce qu'il se passait.
J'enfilais rapidement des vêtements plus couvrants que ces atroces blouses d'hôpital qui, à mon avis, avaient pour seul et unique but de démanger leur porteur et leur foutre aussi un peu la honte. Et vu le prix démentiel qu'on payait, on aurait pu avoir des trucs plus agréables... heureusement que j'avais fait dans le humble en me contentant d'une chambre et d'une pièce annexe au-dessus de la taverne pour vivre. Cela me permettait d'économiser pas mal d'argent, qui partait illico dans mes frais de santé.

Deux bonnes semaines s'étaient écoulées depuis ma sortie d'hôpital et le Sang-Bleu n'avait pas réapparu. J'espérais juste qu'il ait reçu mon message, si toutefois il avait dû fréquenter l'établissement. Sinon, je n'avais plus qu'à espérer le croiser dans la prochaine boutique que je visiterai ou le coincer dans un coin de la taverne.
En attendant, j'avais mis à profit ces deux semaines pour reprendre mon entraînement et le rendre encore plus intensif. J'avais été battue à plate couture par un DeadLine, il n'était pas question que cela se reproduise. Je devais m'améliorer, encore et encore. Certes, ce n'est pas en deux semaines que l'on peut faire des progrès spectaculaire mais j'avais bien observé mon adversaire : il agissait plus à l’instinct qu'à autre chose et il en devenait donc très imprévisible. Le seul moyen de le battre était donc d'avoir une puissante garde et une force de frappe décisive. Je m'entraînais donc à améliorer ma défense et la force de mes coups. Mais à chaque fois que je m'acharnais sur mon mannequin d'entrainement, je revoyais ce Sang-Bleu attrapant le DeadLine et le transperçant sans effort apparent. C'était assez rageant de se voir confrontée à un tel potentiel destructeur tout en sachant qu'un jour ou un autre il faudra tenter de se montrer plus fort pour l'exterminer. Et je doutais sincèrement atteindre un jour sa force de frappe. C'était effrayant. Comment les dieux avaient-ils pu créer de tels monstres ? Je ne parvenais pas à trouver la moindre raison qui aurait pu justifier leur création.

Ce début de soirée-là, je délaissais mon entraînement et la taverne. En mon absence, Jevy et le personnel avaient géré avec brio, je leur faisait donc à présent totalement confiance en ce qui concernait la gestion de l'établissement. Je ressentais souvent le besoin de me détacher de tout, et ce depuis de longues années, et je lâchais toujours prise sur la taverne avec une pointe d'angoisse. Mais maintenant, cette légère peur avait été balayée et je me baladais dans les rues de la Cité Marine en sifflotant. Les yeux levés sur la voute bleue du ciel, je slalomais entre les badauds et les passants. Une fois n'est pas coutume, j'avais laissé de côté mes tenue de chasse et mes uniformes pour une tenue plus simple et féminine. Et je gambadais d'un pas léger dans la cité sous-marine, telle une enfant dans un magasin de jouets. Puis me prit l'envie de boire un bon thé bien chaud. Je connaissais un petit salon tout simplement craquant, à l'autre bout de la ville. Le chemin le plus sûr était celui du centre-ville, qui me ferait perdre un temps considérable. Je préférais encore passer par le Quartier Abandonné qui me ferait gagner du temps et de la route, même si le paysage était infiniment moins agréable à regarder. D'un pas sautillant et guilleret, je bifurquais donc vers ce quartier plus que délabré.

Il était étrange de voir comme le visuel pouvait vous mettre mal à l'aise. L'absence de couleurs dans cette partie de la zone portuaire donnait une cruelle sensation de froid et je frictionnais légèrement mes épaules nues afin de me réchauffer un peu. Je m’engouffrais presque à reculons. j'avais toujours l'impression de perdre mon chemin dans ce labyrinthe de ruelles sombres et étroites.

Et bien entendu, il fallut que je tourne dans LA ruelle. Mais siiii. On connait tous LA ruelle. Celle qu'on regrette d'avoir empruntée après trois pas à peine. Celle où s'amassent les ennuis qui vous regardent avec un grand sourire goguenard. Et LA ruelle maléfique du jour m'offrait des DeadLines. Une meute de DeadLine. Trop cool. Moi qui n'avais justement pas envie de crever aujourd'hui.

Mais ils ne faisaient pas attention à moi. J'aurais pu être une brique du mur à moitié effondré qui se trouvait devant eux que je n'aurais pas plus détoné. Ils me tournaient le dos et semblaient très intéressés par ce qui se trouvait devant eux. Méfiante, curieuse et inquiète à la fois, je m'approchais le plus silencieusement possible. Une pauvre et innocente victime était-elle tombée entre leurs crocs assoiffés ? La main prête à dégainer mon arme -que j'avais affectueusement nommée Excalibur, juste pour le fun- je m'arrêtais à une distance plus que respectable, hésitant quant à ce que j'allais faire. Tourner les talons serait lâche mais je ne pouvais pas non plus foncer dans le tas et risquer de mourir plus vite que prévu.

Tout à mon choix, je n'entendis que trop tard les pas qui s'approchaient. Dans la précipitation, je me jetais dans un renfoncement de brique à demi écroulé. Étaient-ce de nouveaux DeadLine ? Ou bien quelqu'un de tout à fait autre ? Je ne savais plus quoi faire... je devais à la fois savoir qui s'approchait et quel était la chose qui semblait tant captiver ces monstres.

Aaaah, ces fichus vampires allaient un jour causer mon internement dans l'unité psychiatrique de l'hôpital !

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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:31

Des choses étranges se déroulaient dans notre monde, des rumeurs circulaient, la peur commençait à gagner la population qui répandait de nouvelles histoires, amplifiant la gravité des faits parfois, d'autres amoindrissant la réalité, fort heureusement. Et puis, il y avait ce pouvoir politique que nous pouvions manipuler, les informations journalistiques, pour calmer les ardeurs. Néanmoins, certains connaissaient la vérité et s'activaient beaucoup trop pour nous laisser en paix... Seulement, les faits étaient suffisamment importants pour que nous nous en chargions nous-mêmes, si nous voulions conserver cette fragile paix.

En groupe, nous avions enquêté pour découvrir qui était responsable de ces tragédies, ces meurtres non élucidés qui impliquaient forcément des vampires, vu les marques qui étaient laissées. Cela devenait trop important et menaçait de dévoiler notre existence au monde. Etait-ce une rébellion ? Qui en était à l'origine ? Combien étaient-ils ? Etait-ce un groupe organisé, ou un farfelu qui s'amusait simplement à nous mettre en péril pour créer une révolution sur Terre ? Quoi qu'il en soit, le risque était trop important et il fallait faire taire ces rumeurs, par tous les moyens.

Notre enquête ne menait à rien, les meurtres étaient trop éparpillés, sans organisation précise. On pensait qu'il y avait du DeadLine en dessous, mais il fallait bien un créateur pour cela, un sang-pur ou tout du moins un descendant de sang-pur. Il fallait se débarrasser de cette nuisance, enfermer les DeadLines, s'ils ne se montraient pas trop résistants, ou bien les achever s'ils refusaient de coopérer. Sur ce point, nous étions plusieurs à se mettre en accord avec cela. Je devais de nouveau tuer, sans doute, aussi, je ne communiquais rien sur le sujet à Bertram qui m'aurait sans doute supplié d'arrêter cela, ou alors m'aurait dénigré, rejeté. Et puis, ça ne le concernait pas, c'était pour conserver notre tranquillité, mais ça, il le comprendrait pas. Il a l'âme du sacrifié, il préfère mourir plutôt que de savoir qu'il vit au profit de la mort de créatures qui ne devraient pas exister. Je le préservais, c'est tout.

Ainsi, nous nous répartîmes les tâches : divisé en plusieurs petits groupes de vampires, mélangeant aussi bien des Sang-purs que des Sang-mêlé, et même des Mordus qui comprenaient la nécessité d'une telle entreprise, chacun prenait la direction des capitales du Monde pour espionner, glaner des informations, tant qu'on en pouvait, sur plusieurs jours, et s'il le fallait, agir, en toute discrétion.

Et ce soir-là, j'avais décidé de patrouiller en solitaire sur la Cité Marine. J'avais eu l'occasion de faire le tour de cette ville et je la connaissais presque comme ma poche, tout du moins, à l'époque, c'est-à-dire il y a déjà quelques années... Depuis, la cité avait bien changé et je le remarquais à mes dépens en la visitant de nuit, lors de mon enquête... Cependant, les habitudes étaient restées, et la Zone portuaire restait le lieu le plus fréquenté du coin, là où je pourrais trouver une piste certainement qui me renseignerait sur les méfaits d'un groupe louche dans le coin. D'ailleurs, j'interrogeais les quelques commerçants qui restaient ouverts jusque tard, notamment un barman du coin où je pris un remontant, qui m'informa qu'il se passait des trucs étranges depuis quelques temps dans les rues sombres. Il me recommanda d'ailleurs de ne pas trop traîner dans ce coin... Ma piste était toute trouvée. Avec un sourire, je hochais la tête et le rassura sur mes intentions de ne pas traîner dans le coin, justement. Ce qui était parfaitement faux. Mais peu importe, ça ne le regardait pas.

La nuit venait de commencer, laissant les quelques poivrots déambuler sous la Lune, en se mangeant dans les poubelles maladroitement. J'avais presque pitié de ces misérables êtres qui ne tenaient pas l'alcool, ou qui s'amusaient à se noyer dedans... Ou même qui ignoraient que le danger rôdait pas loin. Tant pis, je mets cela sur le compte du destin.

Des rumeurs de pas se firent entendre, alors que je marchais en tapinois dans l'obscurité, affutant mon ouïe, et je pris la décision de monter sur les toits, pour avoir une meilleure vue, tout en ayant une possibilité de fuite, au cas où il y aurait une couille. Après tout, je ne savais pas à qui j'avais affaire, et s'il s'agissait d'un Ancestral, je ne ferais pas le poids face à lui. De là-haut, je pus enfin respirer une nouvelle fois, et me jucha sur les rebords des toits pour observer de ma ligne de mire. Et là, j'aperçus un groupuscule qui avançait lentement vers un point précis, s'enfonçant dans les rues sombres, comme guidé par un appel venant du plus profond de leur être. En tout cas, ils ne remarquèrent pas ma présence, j'en déduisis qu'ils ne devaient pas être des Sangs-Purs, ou alors des Sangs-Rouges pas assez intelligents pour se méfier...

Je les suivis, du haut de mon perchoir, sautant de toit en toit, le plus silencieusement que je pouvais, pour découvrir ce qu'ils tramaient et là, ils s'arrêtèrent. Ils étaient comme subjugués par une nouvelle présence qui, lorsque j'aperçus son ombre, me fit comme un frisson dans le dos. Un Ancestral... Je le sentais d'aussi loin, sans voir son visage. Si un Ancestral était dans l'affaire et qu'il menait sa révolution pour réduire l'humanité en esclavage, nous avions affaire à un gros morceau et il fallait l'arrêter de ce pas. En tout cas, vu le nombre de personnes, il, ou elle, était bien décidé à mener un combat, en se préparant dans l'ombre. Quelle merde ! Et le pire, c'est qu'il me lança un regard, un sourire sarcastique sur les lèvres pour me narguer et bien signifier qu'il m'avait repéré, et que quoi que je fasse, il ne me craignait pas. Je n'étais qu'un moucheron dans ses plans. Putain, quel enfoiré ! Je les hais ces Ancestraux, avec leurs airs supérieurs ! Il faudrait vraiment les éliminer !

Et il commença un discours de propagande sur la gloire des vampires et qu'ils mériteraient amplement de gouverner sur cette Terre, au lieu d'être réduit au silence comme nous le sommes actuellement. C'est sûr, ça vend du rêve, mais non merci. Mister, si tu réfléchis bien, si nous n'avons plus d'humains pour se nourrir, nous courons à notre perte. Et si les DeadLines deviennent incontrôlables, nous sommes juste foutus, ce sera un ourobouros... Il est juste complètement cinglé...

Il tourne de nouveau son regard vers moi et me signifia quelque chose, toujours avec son air, me mettant au défi, en m'indiquant de ce regard qu'il y avait une personne, qu'il avait vu, que je n'avais pas encore remarqué, une indésirable qui risquait de prendre cher. Il pouvait faire ce qu'il voulait, je ne pouvais rien faire sans risquer ma peau, là et ce serait inutile d'agir inconsidérément, n'est-ce pas ? Enfin, c'était ce que je pensais, jusqu'à ce que je voie ce visage, reconnaissant une vieille ennemie. Tiens la Miss Dan Derlion qui voulait ma peau. Ca me fait une belle jambe... Je vois pas ce qu'il me veut. Et soudain, il clama :

« Mes chers amis, il semblerait que nous ayons de la visite. »


Et là... Tous les vampires se tournèrent vers la blondinette. Elle a vraiment pas de bol... Ou alors elle cherche la merde, qu'en sais-je ? Je n'allais quand même pas lever de nouveau le petit doigt pour elle, vu comme elle me le rendait... Mais justement, elle me devait la vie, cela rendrait mes actes passés inutiles. Ouais, mais c'est pas grave, c'est juste une humaine... Ca vit pas longtemps... Voyant les créatures se diriger sur elle, je ferme l'oeil en un soupir, refusant de voir le futurs massacres. Mais il semblerait que ma conscience ait décidé de se disputer avec mon caractère, me remémorant notre rencontre improbable et nos retrouvailles à la tour...  

Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, ce qu'il m'est passé par la tête, mais quoi qu'il en soit, je me retrouve à courir, au sol, en tirant Miss Barbie par la main, poursuivis par la horde de monstres assoiffés de sang, en train de me mordre la lèvre et gueulant :

« Bordel, t'as vraiment un don pour te foutre dans la merde, toi ! »


Mais qu'est ce qui m'a pris de me foutre encore dans cette situation... Non mais franchement... Je ne pouvais mas mettre attacher à une humaine, surtout elle, alors qu'elle voulait ma peau. Non, mais c'est vrai qu'elle avait une dette envers moi, et que je le lui réclamerais autant de fois qu'il le faut, quitte à la faire grossir. Elle en avait peut-être buter quelques uns avec son épée d'argent, mais elle ne faisait pas le poids face à cette quantité... En tout cas, elle se montra en meilleure forme que la première fois... Et j'espérais que ce ne serait pas autant qu'à la Tour niveau paroles...
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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:32




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Blottie contre la pierre froide et moussue, je grelotais légèrement, tentant de me faire toute petite tandis que de nouveaux vampires s'avançaient dans l'allée histoire d'aller grossir les rangs des autres monstres déjà rassemblés. Dans ma tête, je tentais de démêler le fil de mes idées. Il s'agissait sans aucun doute d'un rassemblement, il était impossible que cet attroupement soit issu d'un pur hasard ou d'une quelconque coïncidence. Et j'avais la désagréable impression de m'être immergée dans les ennuis jusqu'au cou. Une fois de plus. Alors que pour une fois, je ne faisais absolument rien. Je ne chassais pas de vampire, je ne patrouillais pas. Non, je voulais juste aller prendre un thé à la cannelle en utilisant un petit raccourci. Ô dieux, qu'avais-je donc fait à vos yeux pour mériter cette malédiction ?

Le flux d'arrivées s'arrêta finalement et il y avait une foule assez conséquente entassée au fond de la ruelle. Le plus silencieusement possible, je me tortillais pour changer de position et me mettre en position accroupie, histoire de pouvoir plus facilement bondir si jamais il me fallait prendre la fuite. J'avais déjà la chance qu'ils ne m'aient pas repéré à l'odorat et je soupçonnais la chance de rapidement tourner en ma défaveur. Et même si je m'étais entraînée, je doutais être de taille face à une telle meute. Je n'étais pas encore un super héros et je ne comptais guère de Batman ou de Hulk dans mes ancêtres.

Me redressant sur les talons, histoire de mieux voir, je constatais que tous étaient concentrés sur une personne apparemment située face à eux. Je me relevais donc totalement, me mettant sur la pointe des pieds pour apercevoir l'objet de leur attention. Qui n'était autre qu'un autre vampire. Fichtrement séduisant. Et puant la noblesse à plein nez. Façon de parler, hein. Il devait avoir trouvé un petit monticule ou quelque chose pouvant servir d'estrade car il surplombait sa petite cour d'une bonne tête. Puis il commença à parler. Sa voix vibrante d'ancienneté et de pouvoir ondula jusqu'à moi. Grands dieux. J'aurais mis ma main au feu qu'il devait jouer dans la cour des Ancestraux, lui. Si mon borgne au Sang-Bleu avait une prestance plutôt impressionnante, il paraissait franchement inoffensif à côté de ce monstre-là. J'en aurais bien tourné de l’œil si je n'avais pas été une chasseresse qui en avait vu d'autres.

Il me fallut quelques secondes pour que ses paroles prennent du sens dans mon esprit. Je couinais presque. Cet ignoble vampire clamait haut et fort la supériorité de sa race et leur légitimité concernant la régence du monde. Un discours de beau-parleur qui mettait son auditoire en liesse. Quelle horreur. Il fallait tout de suite couper court à cette ignoble propagande. Les vampires gouvernant la terre ? Autant dire que tout non-vampire allait se retrouver coincé au rang de mouton gras.
« Mes chers amis, il semblerait que nous ayons de la visite. »
Je retombe illico sur mes talons, accroupie derrière mon muret délabré. Je zieute l'entrée de l'allée. Mais il n'y a pas âme qui vive. Prise de sueurs plus que froides, je pivote lentement vers l'Ancestral et son public béat. Ledit public pivote lentement vers moi. Merde. Je suis cette visite. Affolée, je me redresse et esquisse un mouvement pour dégainer ma précieuse arme, bien que sachant pertinemment que je ne suis pas de taille face à tant de vampires. Et surtout, face à un Ancestral.

Ma main n'atteignit jamais mon bras, où l'arme d'argent frétillait, impatiente de faucher de nouvelles vies vampiriques. Une autre main s'était refermée sur la mienne, tel un étau implacable, et m'avait brutalement tirée hors de mon renfoncement. Sans savoir comment, je m'étais retrouvée à courir dans le dédale de ruelles sombres. J'entendais les DeadLines marteler le sol non loin derrière nous et je retins ma plainte pour continuer à courir sans me tordre une cheville dans les pavés irréguliers. Je jetais un bref coup d’œil à celui qui me tirait par la main et m'avais peut-être accordé quelques minutes supplémentaires de vie. J'en perdis la voix.

Nan. Naaaaaaan. Ô dieux, que vous avais-je donc fait pour mériter cela ?
« Bordel, t'as vraiment un don pour te foutre dans la merde, toi ! »
Et toi, tu avais vraiment un don pour me donner envie de te coller mon poing dans la figure. Tu vois, celle avec le bel anneau d'argent ? Toutefois, je retins ma réplique brûlante et continuais sagement à courir à sa suite. Je tentais de récupérer ma main mais ce bougre refusait de la lâcher. Sans doute se souvenait-il que l'endurance et la course à pied n'étaient pas mon fort et qu'il lui faudrait certainement me traîner de force à sa suite pour que j'avance une fois mon seuil de tolérance à la course dépassé ? Ce qui devait déjà être le cas, d'ailleurs. J'avais mal aux côtes, mon souffle était plus qu'erratique et j'avais l'impression de ne plus avancer très droit. Mais je sentais ces monstres derrière nous. Je ne pouvais pas m'arrêter, sans quoi je signais ma perte. Or j'allais pleinement profiter de cette chance de vivre que m'offrait ce fichu borgne. Ah, celui-là ! Je le haïssais autant que je le remerciais. Paradoxal pour un chasseur, n'est-il pas ?

Promis juré, si je survivais à ce mauvais pas, je me mettais au jogging. Deux tours de pâtés tous les matins. Et j'accordais un sursis supplémentaire à cet agaçant Sang-Bleu qui me rendait complètement folle. Mais pas folle d'amour, soyons clairs dès le début, voulez-vous ? C'était son comportement qui me rendait dingue. J'étais une chasseresse et lui, un Sang-Bleu. J'étais le chasseur et lui, le gibier. Avait-on jamais entendu parler du Méchant Loup qui sauvait Chaperon Rouge ?

Le souffle court, je m'obligeais à avancer même si je savais qu'il ne faudrait pas longtemps pour que je cris grâce et m'écroule au sol, les jambes réduites à l'état d'amas de muscles crispés et tremblants. À mon grand soulagement, nous nous engouffrâmes dans une vieille bâtisse qui tombait à moitié en ruine. Nous avions semés nos poursuivants dans le dédale sombre. Mais je ne doutais pas qu'ils retrouveraient bientôt notre trace. Je m'étalais sur le sol poussiéreux avec bonheur. Mes jambes me lançaient atrocement. Je roulais finalement sur le ventre et, un bras devant mes yeux, je tentais de reprendre le contrôle de ma respiration. Ma gorge était en feu et mes halètements dignes d'un toutou m'empêchaient de me concentrer sur les bruits extérieurs. Je ne parvenais pas à déterminer si les DeadLines se rapprochaient.
« Pourquoi... pourquoi vous entêtez-vous à me sauver la peau ? »
La question m'avait échappé. Je soufflais bruyamment. Je me redressais en position assise, massant d'abord ma main rougie par sa poigne de fer puis mes jambes tremblantes après l'effort fourni. Et dire que pour une fois, je n'avais pas cherché les ennuis, ils étaient venus à moi tout seuls, comme des grands.
« A mon avis, c'est plutôt vous qui me portez la poisse : deux fois que vous êtes dans les parages et deux fois que je me retrouve avec des DeadLines sur le dos. »
Pour un peu, j'aurais presque pu croire ce que j'avançais. Mais au fond de moi, je savais que j'étais juste mal-aimée des dieux et qu'ils adoraient me foutre dans des situations rocambolesques ou tout simplement dangereuses. A croire qu'ils se liguaient pour que je périsse sous la folie des DeadLines.

Des bruits de pas. Je me figeais. Avaient-ils retrouvé notre trace ou bien cherchaient-ils à l'aveuglette. Quoi qu'il en soit, je restais immobile, tâchant de faire le moins de bruit possible. Je n'esquissais même pas le moindre geste destiné à dégainer. Après tout, j'étais vêtue comme n'importe quelle civile et si je pouvais maintenir l'illusion que je n'étais pas armée, c'était toujours bon à prendre. L'effet de surprise était un merveilleux atout.

Hors Rp; j'ai pris la liberté de nous faire un peu bouger, n'hésite pas à me me dire si cela te dérange, je modifierai.
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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:32

Tout en courant, j’avais senti un peu sa résistance médiocre à vouloir m’échapper, peut-être pour s’offrir en sacrifice à une horde de DeadLines qui voulaient prendre le pouvoir sur le monde, histoire de fêter leur avènement, cependant, ce n’était pas dans mon but d’inaugurer leur gloire, bien au contraire. Et elle, elle bousculait mes plans à ce sujet. Bordel de merde… Je resserrais ma poigne et augmenta la cadence de la course, quitte à la faire voler pour qu’elle me suive…

Un échappatoire se présenta à nous, dans la présence d’une bâtisse qui semblait à l’abandon, vu son risque d’écroulement… A part quelques badauds qu’on risquait de trouver en train de se piquer, il y avait peu de chance d’y trouver âme qui vive. Je profitais d’être hors de portée de vue de nos poursuivants pour nous y engouffrer, en refermant la porte derrière la fille que je tirais au milieu du rez de chaussée délabré, pour m’appuyer contre la porte et écouter les rumeurs de la rue, pour savoir où nous en étions. Heureusement, ou malheureusement, il n’y avait pas de fenêtres, ils ne pourraient pas nous apercevoir par ce biais, mais nous, nous ne pourrons pas les voir arriver. C’était à double sens. Leur seule chance de nous trouver serait de fouiller les maisons une à une, à moins qu’ils aient l’odorat suffisamment performant pour sentir la miss, mais sinon, si nous comptions sur le fait que l’Ancestral ne semblait pas vouloir lever le doigt pour nous attraper, comme si nous n’étions que des insectes fait pour appâter sa horde de loups sauvages à ses yeux, nous ne courions aucun danger… Pour l’instant.

Sa voix me sortit dans mon écoute et je me tournais vers elle, me redressant pour la jauger de toute ma hauteur, le regard sombre. Je me posais pratiquement la même question, pourquoi m’entêtais-je à la sauver, alors qu’elle était un poids? Je restais silencieux, ne pouvant apporter de réponse, un peu désarçonné par mes propres réactions, mais elle en profita pour m’accuser de ses maux, et sur ce coup, je n’appréciais franchement pas ses “remerciements”.

« Je pourrais dire la même chose pour toi, gamine. Sois plutôt heureuse que j’étais dans les parages, sinon j’aurais pas donné cher de ta peau. »


Je me tus, mon corps se raidissant, sentant que la “gamine” en faisait de même, sans doute pour les mêmes raisons, elle avait dû entendre ses bruits de pas peu rassurants sur la proximité de nos ennemis. Je me figeais et tournais l’oeil en direction de la porte, lentement, dans l’attente angoissante d’un nouvel assaut contre celle-ci, découvrant notre présence sur les lieux. On entendait les pas se rapprocher, et il semblait inévitable de leur échapper, lorsqu’ils montèrent la marche en bois qui introduisait à la bâtisse juste devant. Pas le temps de réfléchir, il fallait de nouveau fuir, pour espérer de nouveau les semer, il était inutile de s’amuser à les affronter, ne sachant pas combien se présenteront à nous derrière le panneau.

Cette fois, je n’attrapais pas son bras, mais la ramassa au sol, comme une pelleteuse pour transporter un gros tas de terre étalé au sol pour courir plus vite et l’embarquer loin d’eux, sans qu’elle ne me ralentisse. Enfin, avec son poids, elle me ralentissait tout de même, mais ce n’était sans doute pas pire que si je l’avais traîner derrière… Sans dire un mot, je montais à l’étage, mais toutes les sorties étaient obstruées par des planches en bois. D’un coup de pied, je fis valser les obstructions, alarmant les vampires qui nous poursuivaient de notre présence en ces lieux, dans le doute, où ils nous auraient pas déjà remarqué lorsque j’avais pris les escaliers, alors qu’ils enfonçaient la porte. Non, de toute façon, ils étaient déjà sur nos traces. Je scrutais un instant l’extérieur pour vérifier que rien ne nous attendait en bas, et je me hissais sur le rebord pour sauter en bas, dans la rue et reprendre d’un bond un nouvel élan pour continuer la course. Je commençais à m’essouffler, ressentant les effets d’un jeûne de sang depuis quelques semaines, sans pour autant avoir abuser de mes pouvoirs, mais bon, je n’étais pas au meilleur de ma force. D’ailleurs, je n’imaginais pas une seconde perdre face à ces faiblards, si j’avais ma pleine puissance, malgré le nombre...

La nuit était bien avancé, et je filais comme le vent, à travers les ruelles, avec cette fille dans les bras, peu importe ce qu’elle pouvait dire, si elle commençait à gigoter, je la lâcherais sans vergogne, comme si sa vie ne tenait qu’à un fil. Si elle se débattait alors que je lui sauvais la peau, je n’allais pas non plus la forcer… Le tout était de sortir d’ici vivants. Cependant, je devais ouvrir les yeux sur l’évidence, ce n’était pas ainsi que nous y arriverons…

Et ce fut au détour d’une rue, que dis-je, une impasse, que nous nous retrouvâmes bloqués, pour de bon. Un haut mur de béton, encadré par des immeubles de la même matière, sans possibilité de s’accrocher pour grimper, encore moins avec la gamine dans les bras, nous faisait face, tandis que les vampires nous tenaient enfin à leur merci après cette course. Je posais au sol l’humaine et sourit d’un air inquiet, face à ce qui nous attendait et déclara:

« Nous n’avons plus le choix… Il va falloir se battre... »


La lutte serait rude, mais je ne me laisserais pas mourir ainsi, surtout que pour l’instant, ils n’étaient pas aussi nombreux, nous pourrions peut-être en achever quelques uns, se frayer un passage pour se sauver de nouveau avant que le renfort n’arrive. En tout cas, ils se sentaient trop confiants, aussi, je pris les devants et sans crier gare j’en transperçais deux d’un coup, un de chaque main et les fit voltiger sur les autres, ouvrant comme une voie, si Sharmal jouait de son épée. Je la laissais prendre les devants cette fois, pendant que j’assurais les arrières, alors que les autres commençaient à me sauter dessus. Je sentis une morsure à mon épaule, me tirant un cri de douleur et un coup de poing bien placé sur le coupable, dans sa face, faisant gicler du sang. Merde… Cette morsure m’avait foutu un coup et affaibli un court instant, les autres en profitèrent pour m’acculer, et m’infliger des blessures corporelles. Il m’en faudrait plus pour me tuer, et dans un cri de rage, je me libérais de la horde pour rejoindre la chasseuse, sans savoir si elle m’avait donné un coup de main ou non, et nous tirer de là en vitesse.

Nous les avions perdu de vue, comme le groupe d’ennemis avait diminué, ils avaient un peu hésité, nous laissant un peu de répit finalement. Mais d’un autre côté, mon sang coulait des diverses plaies, indiquant notre chemin comme un petit poucet. Au bout d’un moment, épuisé, je m’affaissais contre un mur, essoufflé, me laissant glisser au sol en fermant les yeux, épuisé. Ma respiration était haletante, cette fois, c’était moi qui était un poids, et ma régénération était lente, trop lente pour que je puisse faire un pas de plus. Etions-nous fichus? Je n’arrivais pas à réfléchir à une issue.
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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:32




Out of my way


C'est fou ce que le sol pouvait sembler confortable et accueillant quand on savait à quel point la Mort était proche. C'était presque une illumination, une nouvelle idéologie. Ô plancher des vaches, si seulement tu pouvais m'engloutir et me dissimuler à la vue de mes ennemis et me permettre ensuite de jaillir des entrailles du sol, tel un diable dans sa boîte, pour faucher ses monstrueuses formes de vie. Ah. Pourquoi n'avais-je pas développé des dons de type géologiques, plutôt que ce pouvoir d'illusion qui fonctionnait au gré de ses envies sans tenir compte de la situation dans laquelle je me trouvais. Ce qui me confortait dans l'idée que, quelque part dans ce vaste monde, un quelconque dieu du destin s'amusait à me pourrir la vie.

Appuyée sur les coudes, je regardais mon agaçant sauveur au sang bleu s'appuyer contre la porte d'entrée, l'oreille collée contre le bois à demi pourri et rongé. J'espérais qu'il avait une bonne ouïe et qu'il serait capable de discerner l'arrivée de nos assaillants au plus tôt afin qu nous puissions jouir d'une longueur d'avance. Ce qui pourrait peut-être notre seul salut. Certes, le borgne avait une force de frappe non négligeable et nous pourrions sans doute éliminer un bon nombre de DeadLines mais je ne doutait pas un instant qu'ils finiraient par avoir le dessus. Ils étaient beaucoup trop.

Il faisait sombre dans la bâtisse et aucune fenêtre ne permettait à la lumière d'entrer, ce qui expliquait très certainement la suffocante odeur de moisi et de renfermé. J'étais nerveuse. Sans fenêtres, ils ne pouvaient nous voir mais nous ne pouvions pas non plus les voir. Quelle horreur.
« Je pourrais dire la même chose pour toi, gamine. Sois plutôt heureuse que j’étais dans les parages, sinon j’aurais pas donné cher de ta peau. »
Oui mais non. De un, je n'étais pas une gamine, j'avais dix-neuf ans. De deux, il n'était pas question que j'éprouve de la gratitude envers un vampire, Sang-Bleu de surcroît.

Les pas se rapprochèrent. Ô dieux, mon cœur allait finir pas cesser de battre tant je me sentais fébrile. Je n'avais pas l'habitude de me retrouver dans le rôle de la proie. Surtout que généralement, quand je chassais, le sort du vampire était bien défini à l'avance : la mort. Mais là, je ne savais pas. Cet Ancestral avait simplement révélé ma présence. Il n'avait donné aucun ordre. Allait-il me tuer ? Allait-il me lancer à sa petite assemblée comme on lance à des chiens un jouet ou un os à mâcher ? Ou pire ? La plus grande humiliation que pourrait subir un chasseur serait de devenir Calice ou, dans le pire des cas, un Mordu. Je n'osais même pas imaginer. Certes, j'avais dû passer par la morsure pour pouvoir abattre l'assassin de ma mère et personne ne m'avais jamais reproché cela. Je connaissais même des chasseurs dont la morsure était le moyen de tuer préféré : ils ingéraient de l'argent, suffisamment peu que pour que cela ne les tue mais assez que pour affaiblir un vampire lors de la morsure. J'admirais le courage de ces chasseurs-là. Être lié à un vampire alors que celui-ci agonisait et mourrait était quelque chose d'atrocement douloureux. Surtout quand le vampire décidait de vous faire regretter votre geste. C'était comme plonger au cœur de l'enfer. Jamais au grand jamais je ne voulais revivre une pareille expérience, quitte à retourner ma propre arme contre moi.

Je fus brutalement tirée de ces douloureux souvenirs par mon compagnon de fuite, qui me souleva dans ses bras. Dans ses bras. J'en aurais fait un arrêt cardiaque. Rien que l'idée d'être dans les bras d'un vampire, d'être en contact physique avec, me révoltait. Un traumatisme lié à mon premier vampire éliminé, d'après les autres chasseurs. Ouais mais nan. A mes yeux, les vampires restaient des monstres. Vous auriez aimé être dans les bras de quelque chose de gluant et tentaculaire, vous ? Non ? Bah voilà.

Je couinais, telle une souris terrorisée coincée sous les griffes du gros chat affamé. Il montait les escaliers à toute vitesse et fit éclater d'un coup de pied les planches moisies qui obstruaient les passages. Discrétion, zéro pointé. Enfin, ce n'était pas comme si nous n'étions pas déjà repérés. J'étais tellement concentrés sur nos poursuivants que je ne compris pas tout de suite pourquoi le sol s'était dérobé sous ses pieds.

Nouveau couinement. Il avait sauté. Il tentait de se débarrasser de moi en me brisant la nuque ou en me faisant mourir de peur ? Non, s'il avait voulu se débarrasser de moi, il n'aurait pas prit la peine de me kidnapper sous les yeux des DeadLines. Oui, kidnapping. Je refusais de voir cela comme un sauvetage. Je refusais d'accepter l'idée qu'un vampire pouvait m'avoir secourue. Deux fois.

Il s'essoufflait, je le ressentais. En même temps, vu la position dans laquelle j'étais, je ne pouvais pas rater ça. Nous filions à toute allure dans le dédale sombre et, afin de ne pas entraver ses mouvements et me stabiliser au maximum, je m'accrochais à lui, les joues rouges de honte. Ma vie dépendait de son bon vouloir, actuellement, et j'en étais plus que consciente. Je le haïssais pour cela.

Puis il se stoppa, si brutalement que je me ratatinais presque contre son torse. Aïe. A rajouter à la liste de ce que je n'aimais pas chez lui : son torse trop dur. Je levais les yeux, cherchant à comprendre son arrêt soudain.
« ... »
Un mur. Une impasse. Ouaiiiiis. Comme si nous avions eu besoin de cela. Il me reposa sur le sol et me sourit d'un air inquiet. Mon cœur rata un battement. Cette manière de sourire était juste... déstabilisante au plus haut point. Mais ce fut son inquiétude qui me perturba le plus. Bon dieu, il aurait pu me laisser là et prendre la poudre d'escampette. Mais non. Au lieu de cela, il tentait de me garder en vie.
« Nous n’avons plus le choix… Il va falloir se battre... »
Bon. C'était le moment de vérité. Mon entraînement allait-il porter ses fruits ? Allais-je réussir à éliminer au moins l'un de ces monstres à mi-chemin entre humain et vampire ?

Le borgne fonça et en transperça deux. Berk. Dieu ce que cela semblait barbare. Il commençait à se frayer un passage et je dégainais alors ma belle Excalibur, qui scintillait dans l'obscurité, comme si elle était dotée d'une conscience et heureuse de pouvoir faucher ces êtres. Nous échangeâmes les rôles et je me retrouvais devant, jouant habilement de mon épée à présent teintée d'écarlate. Un cri de douleur me fit légèrement tourner la tête. Tiens, je ne savais pas que les vampires se mordaient entre eux. Quoique, le borgne ne semblait pas ravi de jouer au mouton. Et apparemment, cela avait permis une ouverture pour les autres, qui s'acharnaient encore plus sur lui, allant jusqu'à le faire reculer. Il était acculé. Ah non. Pas question. Ce mec, c'était MA proie. Interdiction à quiconque de lui faire la peau. S'il devait mourir, ce serait de ma main et pas autrement. Je serai intransigeante sur ce point. J'en fauchais un ou deux et il s'occupa du reste, afin de me rejoindre. Nous nous remîmes à courir dans les rues et je grimaçais à chaque nouveau pas. Non seulement j'avais encore les jambes toutes flagada à cause de notre précédent marathon mais en plus j'avais été touchée et blessée à de nombreuses reprises. Ça piquait, ça chatouillait, bref c'était désagréable. Et je priais silencieusement pour que l'odeur ne lui donne pas envie d'y goûter. Au pire, cela me donnerait une bonne occasion de lui faire la peau.

Et pour une fois, je m'en tirais mieux que lui : son sang à la pigmentation si étrange suintait à divers endroits et éclaboussait le sol, balisant clairement notre chemin. Il finit par s'immobiliser, le souffle court. Sa grande carcasse s'affaissa contre un mur. Il était épuisé. Je pestais. Ce n'était pas le moment de se reposer ! Mais il n'était pas en état, je le voyais bien. Mais c'était de sa faute ! Sifflant entre mes dents, je plantais mon arme dans le sol, entre deux dalles, histoire de pouvoir plus facilement la reprendre si jamais on nous tombait dessus, et je m'accroupis au côtés du vampire. J'allais commettre un véritable tabou, un crime contre l'humanité. Mais la vie en dépendait, alors zut, quoi.
« Je suppose que c'est à mon tour de t'aider ? »
Mon ironie perçait clairement. Je posais mes paumes sur deux de ses blessures et elles s'illuminèrent légèrement. J'usais de mon pouvoir de guérison sur un vampire. Quel comble. Il y avait bien longtemps que je n'avais plus employé ce don. Une fois les plaies refermées, je répétais l'action sur toutes celles que je voyais et qui me semblaient assez conséquentes. Je m'attardais sur la morsure à son épaule. Ce DeadLine n'y était pas allé de main morte, on distinguait clairement la marque de toutes les dents. Ma vieille cicatrice dans mon cou me picota, comme pour se moquer. Lorsque mes paumes s'éloignèrent, elles étaient toutes bleuies de son sang. J'étais vraiment dégoûtée. Bon, je n'avais fait que soigner les plaies, histoire qu'elles cessent de couler et de l'affaiblir, mais je ne possédais aucun don régénérant. Il devrait donc compter sur les forces qui lui restaient.
« Aller, debout ! Je doute qu'ils soient très loin, vu comme tu as gentiment peinturluré notre route. »
Je me relevais et tirais sur sa main. Il semblait vraiment épuisé. Bon sang, il snobait ses Calices ou quoi ? Il était un Sang-Bleu, ce n'était pas un détail négligeable. Il aurait dû être plus résistant. Je tentais une deuxième fois de le secouer. J'entendais des pas précipités, qui s'approchaient dangereusement.
« Je te préviens, si tu bouges pas ton cul, je te laisse là ! »
Et avec tout ça, je ne connaissais même pas son nom. Tch. Il semblait presque endormi. Dans une dernière tentative, je le secouais aussi énergiquement que je le pouvais, avant de lui tapoter les joues.
« T'as vraiment envie de crever ici ?! »
Furieuse, frustrée et surtout paniquée, je me redressais, arrachais mon épée du sol et tournais les talon, prête à m'enfuir à toutes jambes. Il n'était pas question que je me laisse gentiment choper. Et si il pouvait leur servir de divertissement et ainsi me laisser le temps de m'échapper, cela lui vaudrait ma reconnaissance éternelle. Dont il n'aurait fichtrement rien à foutre une fois mort.

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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:32

Une grimace de douleur illumina mon visage, pas encore assoupi, tandis que je sentais mes tissus se refermer comme par magie. Le même don que Bertram ?! Pendant deux secondes, en ouvrant les yeux, son visage se transposa bizarrement sur celui de la fille qui m’aidait, mais ma vue s’ajusta rapidement pour comprendre ce qu’il se passait et j’écarquillais les yeux, devenus rouges à cause de la bestialité qui voulait faire surface dans mon être alors que je sentais l’odeur du sang humain. Une migraine me vrilla alors le cerveau, me faisant clore les paupières, d’un air douloureux. Et ma conscience voulait s’échapper, comme pour prendre un repos après tous ces évènements.

Mais elle essayait de me garder sur terre, alors que l’odeur de son sang m’enivra irrésistiblement. Seulement, je devais résister à la tentation, mais c’était si fort et j’étais si fatigué.

Elle s’éloigna, sur une dernière parole qui me tira de ma semi-inconscience, éveillant par la même la Bête qui sommeillait, comme possédé, comme ce jour-là, je ressentais les mêmes picotements d’excitation sauvage fourmiller dans tout mon corps endolori, et il réagissait seul. Je perdis le contrôle et sans crier gare, mes crocs vinrent se planter dans son cou, laissant couler un fin filet écarlate, tandis que mes lèvres épousaient la forme de cette zone, suçant lentement le liquide vital. Celui-ci descendit le long de ma gorge pour se mélanger à mon sang bleu, créant une interférence pourpre dans la chromatique de mon corps.

Cela ne dura que quelques secondes, juste assez pour me requinquer, histoire de me régénérer, sentant la chaleur se répandre, comme un incendie se propagerait en forêt, et je recouvrais mes forces, prêt à affronter nos poursuivants. J’avais, certes, retrouvé mes esprits au moment où j’avais rompu le contact, me rendant compte de ce que je faisais, mais à ce moment-là, nos liens de chasseur/proie n’avait plus aucune importance, il fallait travailler main dans la main pour s’en sortir. Et de toute évidence, les vampires ne se seraient pas arrêtés sur ma carcasse, inintéressante pour se nourrir… A moins que la légende qu’un vampire de sang-mêlés qui boit celui d’un sang-pur deviendrait plus puissant ne soit réel, je ne les ralentirais pas une seconde.

La dette était ainsi payé, j’avais gagné mon “baiser”... Et elle avait oublié l’argent.

Je me détournais et dans un cri féroce, bestial, j’affrontais sans faiblesse ceux qui nous poursuivaient, trop confiants au point qu’ils me rentrèrent dans le lard, mais ils furent bien accueillis. Je vous épargne les détails de la bataille, quoi qu’il en soit, il y en eu quelques uns qui furent épargnés, parce qu’ils avaient fui, finalement, je ne doutais pas une seconde que leur Ancestral se vengerait de cette défaite en les achevant, car telle était leur nature, ils devaient être satisfaits à n’importe quel prix et ne supportaient pas d’être déçus. J’en traînais un au sol pour revenir près de Miss Dan Derlion-qui-était-devenue-ma-calice du coup et le lui lança à ses pieds, tandis que les tâches de sang rouges dégoulinaient sur mes vêtements, mon visage, rendant la scène glauque. Je n’avais pas ce sourire ironique, mais mon regard était sérieux. Il s’était passé quelque chose, ce soir, il fallait le régler de ce pas, mettre les choses au clair :

« Te voilà, ironiquement, devenue Calice. Je ne compte pas me servir de toi. Par contre, sers-toi de cette chance pour te débarrasser de ces créatures. »


Pour moi, il était logique qu’elle sache ce qu’était un calice, puisqu’elle était une chasseresse, elle devait connaître tout de son ennemi. Elle le vivrait certainement mal, justement, mais pourtant, ce statut offrait tant de possibilité justement, pour leur métier… Par contre, elle rencontrerait sans doute de la résistance dans ses “amis” s’ils l’apprenaient. Cela pouvait aussi vouloir dire qu’elle pouvait potentiellement devenir une DeadLine, si un jour elle buvait de mon sang…

J’attendais une réaction de sa part, suffisamment écarté pour parer une éventuelle attaque, dans le but de se venger de ce déshonneur que je lui avais accordé. c’est sûr, ce devait être frustrant d’avoir perdu son pari… je lui avais dit que je viendrais prendre mon dû…
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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:33




Out of my way


A peine avais-je esquissé un pas dans la direction opposée que je me sentis... menacée. Je n'eus pas le loisir de réagir que je sentais déjà son souffle brûlant dans ma nuque. Le temps que je réalise cette proximité plus qu'inquiétante, il avait mordu. Je le les sentis pas tout de suite, ces deux crocs qui perforaient la chair tendre et fragile. Je gémis bien avant de ressentir la douleur. Un gémissement terrifié. Non, il ne pouvait pas faire ça... c'était impossible. Puis la douleur explosa dans mon cou. Je me débattais, ou du moins, je tentais mais j'étais figée, paralysée par la peur. Je connaissais la force des mâchoires et je savais que je pouvais facilement finir égorgée. J'aurais préféré, d'ailleurs. Je savais pertinemment ce qu'il se passait. Je connaissais les conséquences de son geste et je refusais de m'y plier. La mort était nettement préférable. Je savais que si mon sang ne le tuait pas, c'est qu'il n'était pas encore à son nombre maximum de Calices. Et j'espérais presque qu'il soit de ceux qui s'abreuvaient puis tuaient, histoire de rester libres.

Mais ce qui était le plus atroce, ce qui surpassait l'horreur de la situation et la douleur, c'était le bruit de succion et la sensation du sang aspiré qui coulait dans se gorge. Il se revigorait au détriment de ma propre énergie. Je bouillais de rage et de désespoir.

Ma lame tomba avec un fracas métallique sur le sol. Il ne but que très peu mais cela me sembla une éternité. Je me sentais flasque. Il me relâcha et je m'affaissais par terre comme une poupée de chiffon. Ô divin plancher des vaches, puisses-tu m'être d'une quelconque utilité. Je me recroquevillais sur le sol, une main plaquée sur la plaie qui suintait de sang. Une fois de plus, je regrettais que mon don ne puisse pas me servir à me soigner moi-même. c'était relativement rageant d'être dépendant des autres alors qu'on possédait un pouvoir curatif.

Son cri bestial me tira légèrement de ma transe et je levais les yeux vers lui, sans toutefois le voir. Je refusais de voir ce monstre qui, de moi point de vue, m’asservissais. Mon sang l'avait plutôt bien requinqué et il élimina sans soucis nos assaillants, qui n'eurent sans doute pas le temps de comprendre ce qui leur arrivait. Pauvres créatures. Pauvres créatures qui subissaient les pouvoir d'un vampire tout juste nourri. Un DeadLine s'écrasa devant moi et je le regardais d'un œil morne. Quoi, il m'en offrait un pour que j'aie l'impression d'avoir été utile ? Trop gentil de sa part.
« Te voilà, ironiquement, devenue Calice. Je ne compte pas me servir de toi. Par contre, sers-toi de cette chance pour te débarrasser de ces créatures. »
Parce qu'en plus, il croyait que j'ignorais ce que j'étais, le plus involontairement possible, devenue ? J'étais une chasseuse, zut quoi. J'en savais tout de même un minimum et peut-être même plus qu'un chasseur normal. Mais ses paroles avaient éveillé en moi une colère froide. Je me relevais et esquissais quelques pas vacillants vers lui. Ramassant mon arme, je la plantais furieusement dans la gorge du DeadLine allongé à mes pieds. L'argent crépita et une odeur de chair brûlée flotta. Berk. Abandonnant l'épée dans la gorge du malheureux, je m'approchais du vampire, ma main toujours plaquée sur la plaie, histoire de freiner le filet de sang qui coulait toujours. Qui avait un jour inventé que les plaies par morsure guérissaient toutes seules ?
« Merci pour le cadeau, j'apprécie. Franchement. »
Même si le ton démontrait clairement que je n'appréciait pas du tout son cadeau empoisonné. Encore un pas et je me retrouvais face à lui, mes prunelles vertes plongées dans les siennes, comme pour le mettre au défi de fuir une fois de plus.
« ET QU'EST-CE QUE JE SUIS CENSÉE FAIRE, HEIN ?! TE REMERCIER POUR ÊTRE MAINTENANT LIÉE À TOI ?! TE REMERCIER POUR AVOIR UN SANG EMPOISONNÉ ?! PARCE QUE TU CROIS VRAIMENT QUE JE VAIS ALLER OFFRIR MON COU À CHAQUE VAMPIRE QUI PASSERA ? DEUX FOIS M'ONT SUFFIT, MERCI BIEN ! »
Ma voix se brisa et de grosses larmes se mirent à rouler sur mes joues. Je me sentais humiliée au plus haut point. Et je sentais le lien mental, ce maudit lien, qui commençait à se tisser, lentement mais sûrement. J'avais perdu ma proie et, non seulement j'étais maintenant liée à lui, mais en plus il m'annonçait qu'il ne "se servirait pas de moi". Et donc ? Il sous-entendait qu'il m'avait mordue et que c'était tout ? Dans un sens, cela aurait dû me rassurer, j'aurais dû me dire que je n'aurais plus à sentir ses crocs sur ma peau mais en vérité, cela m'énervait au plus haut point. J'avais été mordue pour rien, en gros.

L'autre DeadLine avait finit de gazouiller et j'arrachais la lame hors de sa gorge. Maculée de son sang impie, je l'essuyais sur lui avant de la ranger sagement dans son fourreau humain. Puis je balayais d'une main rageuse les larmes qui perlaient encore sur mes joues, les barbouillant au passage de rouge et de bleu.
« Soyez sûr que j'userai de ce lien pour vous rendre la vie infernale. »
Ces gentilles paroles prononcées, je me laissais tomber au sol. J'étais épuisée des suites de notre course effrénée, de notre combat, de cette ignoble morsure et toutes ces émotions. La tête entre les mains, je luttais contre l'engourdissement et le sommeil qui me gagnaient.
« Que faisons-nous, maintenant ? Cet Ancestral... »
Je bâillais et laissais ma phrase en suspens. De toute manière, il n'aurait qu'à comprendre tout seul. J'avais peur que cet Ancestral ne décide de poursuivre cette joyeuse traque, bien qu'il soit plus probable qu'il ne prenne pas la peine de se déplacer lui-même.

J'avais envie de lui hurler ma haine et ma rage, j'avais envie de le frapper... mais j'étais lasse et j'étais la plus fragile, c'était moi qui risquait de prendre le plus de dégâts.
« Vous me payerez ça... marmonnais-je d'une voix pâteuse. »

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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:33

La réaction ne se fit pas attendre, sourcils froncés, j’observais le Deadline se faire achever cruellement par la lame argentée qui aurait pu aussi bien se planter de la même façon dans mon propre cou. Je pouvais dès lors ressentir toute la haine qui se dégageait de la frêle forme humaine, mais je n’avais pas besoin du lien pour le remarquer tant ses émotions se faisait ressentir dans tous ses mouvements. Les muscles contractés, les poings serrés, le regard assassin, elle s’approchait de moi, et voyant qu’elle avait lâché son arme, je ne bougeais pas d’une semelle, la laissant faire ses nerfs. D’ailleurs, irrépressiblement, je n’arrivais pas à affronter son regard, car même si j’avais pris mon dû, enfin j’essayais de m’en convaincre, un pincement de culpabilité s’attaquait à mon coeur, et j’encaissais ses reproches douloureusement.

Elle cria, lâcha tout ce qu’elle pensait, me rabaissant tant qu’elle pouvait. Mon regard s’assombrit, mais faisant mine de l’ignorer, il se baissa pour observer le sol, voyant défiler une scène similaire datant du passé mais qui me rongeait encore aujourd’hui, bien que je tentais d’amoindrir les conséquences de mes actes incontrôlés. Le vampire avait ressurgi sans que je ne puisse rien y faire et une nouvelle victime en avait fait les frais, alors que j’avais tenté de la sauver de ce genre de dangers. C’était stupide. Irrationnel. Trop tard. Il n’était plus que regrets, aussi, de la même j’avais essayé de calmer les conséquences, mais le contrecoup était bel et bien là. Bertram ne s’était pas énervé, mais je n’ai jamais su ce qu’il en pensait réellement. Par contre, elle… C’est comme si c’était mon frère qui me vomissait dessus de reproches, et je le prenais comme des lames me transperçant de part en part, acceptant cruellement la sentence.

Je ne savais pas quoi répondre, encore moins lorsqu’elle fondit en larmes, je passait pour l’insensible alors qu’au fond, il y avait une tempête d’émotions, mélange entre les siennes et les miennes, je ne savais plus les distinguer, le temps que le lien se tisse. Comme la dernière fois. C’était douloureux et je me sentais fragiliser un peu plus, plus sensibiliser. Perdu. Ses menaces ne m’affectaient pas, cependant elle mit le doigt sur l’histoire de l’Ancestral nous rappelant comment on en était arrivé là… Lui… Je ne pense pas qu’il se préoccupera de nous, il ne lèvera pas le petit doigt pour nous faire disparaître, c’était juste une petite distraction. Par contre, il pouvait y avoir encore d’autres de ses sous-fifres, et cette perspective m’inquiétait bien que j’étais en haut de ma forme.

Puis soudain, je la vois lentement défaillir, ressentant sa faiblesse au fond de moi, et d’un geste, j’amortis sa possible chute en l’attrapant par les épaules, et sans prévenir, je la reprends dans les bras pour nous éloigner de ces lieux en entendant de nouveaux bruits de pas. Il n’y avait plus de témoins, on devrait nous laisser tranquille désormais, mais… Nous n’étions pas sains et saufs, enfin… cela ne la concernait qu’elle finalement. Qu’est ce que je vais en faire maintenant ? Je ne peux quand même pas l’abandonner, après tout, maintenant elle était… ma calice. Peut-être que…

Une idée germa lentement dans ma tête tandis que je courais silencieusement dans les rues, pour me faufiler à travers la ville. A la sortie de la ville, je m’arrêtais, réfléchissant à la direction à prendre. Si je la ramenais à Kalel… Il y avait des chances pour qu’on me chasse de nouveau, surtout vu ce que je venais de lui faire. Et puis comment serait-elle accueillie ? Et puis, pourquoi m’en préoccupais-je, finalement ? …

Silencieusement, je pris la direction de Froënbourg, dans l’ombre, là où on nous suivrait pas, mais pas en direction de l’hôpital, non… Je faisais peut-être une connerie, une énorme connerie, mais… dans le pire des cas, je saurais ce qu’il me resterait à faire, quoi qu’il m’en coûte et cette gamine ne m’effrayait pas. J’espérais juste que l’affaire sera passé sous silence par notre équipe. Je leur envoyais d’ailleurs un message texto pour leur donner les informations nécessaires, sans possibilité d’appeler alors que je portais la miss Dan Derlion. Par contre, je devais aussi prévenir Bertram, sinon… Non, bah de toute façon, il va m’engueuler. Peu importe… Ce n’était pas comme si j’avais le choix, et puis tout le monde fait des conneries, même si j’étais devenu maître en la matière. Je ne savais juste pas particulièrement quoi faire.

Sms envoyé.

Ignorant si elle dormait ou non, je me mis tout de même à lui parler, car peut-être que dans son inconscience, elle m’entendait quand même, et je devais au moins la mettre en garde.

« Pour l’instant… On va te soigner, alors reste tranquille. »


Pas plus de précision. Mais son absence de réponse m’inquiétait. Elle n’était pas morte, mais dans quel état était-elle ? Un murmure s’échappa un peu après…

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MessageSujet: Re: RP #3 ∞ Out of my way Mer 11 Jan - 21:35




Out of my way


Ma haine envers les vampires avait atteint son paroxysme, aidé par son geste. Je pouvais très bien comprendre que n'importe quelle créature vivante -enfin, si nous pouvions aller jusqu'à qualifier les vampires de créatures vivantes- avait besoin de se nourrir... mais tout de même. Pas au détriment de la volonté de l'autre. Ce qui expliquait peut-être pourquoi j'étais végétarienne. Après tout, qui penserait un jour à demander à la vache ou à la poule si cela ne la dérangeai pas d'être froidement tuée puis cuisinée ? Bref. Il y avait bien entendu eu bien d’autres raisons qui m’avaient poussée à ignorer la viande et je m’en portais très bien. Le délire du « elle ne bouffe pas de viande, du coup elle est toute faiblarde et mange de la salade à longueur de journée » ne tenait pas avec moi. Il y avait bien d’autres aliments et condiments dans le monde, la salade n’était pas reine. D’ailleurs, la salade, c’était pas mon truc non plus.

Mes jambes me lâchèrent. Traîtresses. Je voyais le sol se rapprocher, un peu trop vite d'ailleurs, puis des mains stoppèrent ma chute. Ah, monsieur jouait aux galants, maintenant ? Je me retrouvais pour la deuxième fois hissée dans ses bras. Mes yeux se fermaient malgré moi. Et puis zut, hein. Puisque j'étais condamnée à me faire trimballer par ce vampire, autant rendre le voyage un minimum agréable. Je me blottit au mieux contre lui, réprimant au mieux mon dégoût. Bercée par son pas de course, ma conscience sombra.

Je rêvais. Je rêvais de lui. Ah mais non. Ce devait être un cauchemar, alors. Rêver d'un vampire... quelle idée saugrenue. Son image se dissipa rapidement. Sans doute ressentais-je simplement les effets du lien qui unissait le vampire à ses Calices. Tiens... avait-il un autre Calice ? Je me doutais que oui, sans quoi il serait mort depuis longtemps. À moins qu'il n'ait éliminé ses Calices après utilisation. D'ailleurs, j'espérais subir le même traitement. Cela diminuerait le cuisant sentiment d'humiliation qui me tordait la poitrine.
« Pour l’instant… On va te soigner, alors reste tranquille. »
La ferme, stupide rêve, stupide lien, stupide machin-qui-parlait.
« Pardonne-moi, je n’ai pas eu le choix... »
Ces mots éclatèrent dans mon esprit. Quel rêve tordu je faisais. Et, toujours blottie contre lui, je laissais échapper un petit gémissement.

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RP #3 ∞ Out of my way

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